Vendredi 27 juillet 2007
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M O N D I C O P E
R S O
Patriotique :
qui exprime l’amour de la patrie ou est inspiré par lui.
Lever du drapeau, défilé, majorettes et tutti quantti. Depuis que le colon nous a ristourné notre indépendance, tous les 4 avril, c’est un nuancier de couleurs wertt, ssaune, rouss…
l’occasion de tester ses connaissances en matière d’attributs républicains.
Aujourd’hui, peu importe ce que l’on a appris par le passé, au cours des fameux cours d’éducation civique. On retient tant bien que mal que c’est tout un tas de choses très importantes pour la
nation mais l’on se trouve dans l’incapacité totale et complète de pondre deux informations correctes relatives aux attributs de la nation ou à la signification intrinsèque des couleurs du drapeau.
Idem de la profondeur poétique de la devise sénégalaise et de la symbolique liée au 4 avril.
Bref si nous avons tous été transfusé au « Pincez tous… », rattrapés par les collines d’un quotidien, escarpées à souhait, nous ne sommes plus trop au parfum de ce qu’est le patriotisme à
l’ancienne. Certes, quand « Tchaat » continue d’hurler à pleins poumon que le « Lion rouge à rougi… » vous continuez désespérément de tenter de lui faire comprendre que
« rougi » est le participe passé du verbe rougir et qu’en l’occurrence « rugir » est le terme exact. De la même manière vous seriez plus tentée de lui dire que le vert, le jaune
et le rouge sont les couleurs du Rastafarisme, mouvement auquel vous avez homme ou femme, personnellement adhéré il y a une dizaine d’année voir plus. Car il convient de l’admettre, les patriotes
contemporains que nous tentons d’être auraient plutôt tendance à résoudre de manière ultra urbaine l’équation de la devise patriotique, en l’occurrence, un peuple, parce qu’on est un peu plus de 10
millions, que nous sommes tous de la même nationalité et que nous partageons les mêmes affinités : accro au ataya, fascinés par Youssou, drogués du sms et hyperactif du je-sais-tout
qu’il va bien falloir un jour faire quelque chose de nous. Un but parce qu’il en faut un le matin quand on sort de son lit. Une foi, parce que dans la vie il faut bien croire en quelque chose et si
cela se trouve être votre pays, ce n’est pas plus mal, sans oublier bien sur la foi indéfectible en un avenir multimiliardisé… (C’est bô l’espoir !)
Mais n’ayons crainte, citoyens ou pas, nous sommes incontestablement des Gaïndés Ndiaaaaaye. De vrais ambassadeurs de notre identité, que nous traînons à travers toute la planète, de méridien en
méridien, sans crainte de la neige, des alphabets ou des habitats… où que nous allions peut importe, l’endroit, pourvu que l’on puisse trouver du yéét, du netétou, du jumbo et faire un bon thiep.
Nous rugissons matin, midi, et soir après tout ce que la vie nous apporte de lourd et d’alambiqué. Même si nous n’avons jamais vu que ceux du Parc de Hann, déprimés et rachitiques, les lions que
nous sommes ont un peu perdu en prestance, du coup on s’élance dans la brousse économique et conjoncturelle mais les ténèbres mettent un peu plus de temps à être dissipées.
Par les temps qui courent, le rugissement coûte cher, la viande fraîche est rare, et le piédestal quelque peu inaccessible, mais à Gaïndé Ndiaaaye rien d’impossible, donc il faut gérer, entre
le « garawool » et le « boulfalé », porté par le vert de l’espoir, le rouge des gesticulations multidirectionnelles, le jaune de l’eldorado… et tenter vaille que vaille de
gravir les échelons du baobab sacré dont les branches sont jour après jour un peu plus inaccessibles. Heureusement qu’il y a de temps en temps quelques rayons de soleil sur notre espoir et qui
debouts, nous rassemblent, au stade ou au sein d’un bureau électoral… Allez rendez-vous tous pour les doléances avec un paquet d’Hollywood bien
vert, un Fanta coktail bien
jaune et un brassard… bien
rouge
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